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La locomotion terrestre

-----La démarche des Crocodiliens est un peu différente de celle des Lézards, en particulier au cours de la marche lente où le fémur oscille dans un plan horizontale, le corps traînant plus ou moins sur le sol. Par contre dans la marche rapide, le corps est nettement surélevé au – dessus du sol à tel point que le fémur se meut dans un plan subhorizontale. Une telle possibilité est fonction de la position de la tête fémorale ; en effet en raison de la torsion du fémur son extrémité distale est dirigée dorso – mésalement, au début du cycle propulsif de pied repose par l'ensemble de sa face plantaire sur le sol, plus ou moins parallèlement à l'axe du corps, à la fin du mouvement il y a passage à la digitigradie et même à l'ongulogradie. Cette flexion particulièrement accusée est la conséquence de l'existence d'une apophyse calcanéenne postérieure sur laquelle se fixe le tendon d'Achille (tendon du gastrocnémien et du long péronier) jouant le rôle d'un bras de levier renforçant considérablement l'action des muscles fléchisseurs. Au cours de la reprise du cycle les pattes décrivent des arcs de cercle dans un plan subvertical : ainsi la marche rapide des Crocodiliens offre des analogies avec la démarche plantigrade des Mammifères.


La locomotion aquatique

-----La propulsion caudale caractéristique la nage des Crocodiliens. Chez toutes les formes de queue est toujours plus ou moins aplatie dans le sens latéral et sa surface augmentée par le développement de crêtes cutanées dorsales.
-----Manter, Kälin et Knüssel, étudiant la nage des Crocodiliens, ont montré que c'est la queue qui constitue l'agent propulseur principal ; elle agit par ondulations latérales plus ou moins accusées selon la rapidité. Ces ondulations prennent naissance à la racine de la queue et se propagent en train d'ondes jusqu'à son extrémité. Lors des déplacements lents, les pattes postérieures sont étalées et jouent le rôle de balanciers, elles sont même utilisées pour les mouvements d'approche très lents, les orteils sont en effet garnis d'une palmure et les pieds battent l'eau « comme le fait un cygne dans un bassin » (Vialleton). Lors des déplacements brusques et rapides, les membres sont étroitement appliqués le long des flancs et les ondulations caudales ont une grande puissance et une forte amplitude qui a pour effet de tendre à une incurvation du corps, la tête et le cou demeurant seuls rigides ; l'alternance de ces ondulations se rapproche de la nage ondulante.

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Traité de zoologie : 14.2 , Reptiles. Caractères généraux et anatomie de Grassé

 


 

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-----Les crocodiliens ont plusieurs types de locomotion. Quand un crocodile ou un alligator se déplace sans hâte au sol, il pratique une marche haute et lente ; s'il est effraé, il se livre à une reptation inélégante, ventre à terre. Quelques espèces peuvent galoper en sautant de façon de lièvres. Aucun crocodilien n'est capable de grimper ni de pratiquer le vol plané.

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-----La marche haute des crocodiliens est uniques chez les reptiles actuels. Tortues et lézards se déplacent près du sol ; leurs membres sont orientés latéralement au corps et non dressés, et leur coprs est à peine soulevé au - dessus du sol ; leurs membres sont orientés latéralement au corps et non dressés, et leurs corps est à peine soulevé au - dessus du sol. En revanche, les membres d'un oiseau ou d'un mammifère sont verticaux et maintiennent le corps au - dessus du sol. La marche haute des crocodiliens rssemble plus à la marche des mammifères  qu'à celle des autres reptiles ; leurs membres sont presque verticaux et cette posture suffit pour maintenir la plus grande partie de leur queue au - dessus du sol.

-----La marche des crocodiliens se fait dnas le même ordre que les autres vertébrés quadrupèdes : pattes antérieure droite, postérieur gauche, antérieur gauche et postérieur droite et ainsi de suite. On obtient ainsi un bon équilibre tripode pendant la marche. Quand la vitesse augmente, les membres diagonalement opposés se déplacent vers l'avant presque en même temps, comme dnas le trot. Le support bipède ainsi réalisé est moins stable mais le déplacement rapide d'un support diagonal à l'autre fournit un équilibre dynamique.

-----Néanmoins, si les membres se déplacent trop vite, il n'y a plus d'équilibre et les crocodiliens, en tout cas les adultes, utilisent alors un nouveau mode de locomotion, poitrine et ventre à terre, les membres écartés sur les côtés. les poussées latérales du corps et les mouvements des membres à la façon de rames font glisser l'animal sur le ventre. Cette repation est efficace surtout sur les rives ascarpées, lors des fuites éperdues, mais les crocodiles la pratiquent aussi pour s'introduire lentement dans l'eau.

-----Chez les crocodiliens de petites taille, la course peut se transformer en un galop bondissant : les membres postérieurs poussent l'animal en avant ; le corps s'allonge, les membres antérieures s'étendent et amortissent le corps à la fin du saut ; les membres postérieurs se reportent en avant grâce au dos qui se courbe, puis relancent le corps en un nouveau bond. Un tel galop permet d'atteindre des vitesses de 3 à 17 km/h, ce qui est peu comparé aux 15 à 30 km/h de certains mammifères, mais bien plus rapide que les 0.3 à 4.5 km/h de la marche haute.

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George R. ZUG

Crocodiles, Alligators et Caïmans de Encyclopédie Visuelle d'édition Bordas span>