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-----Les Crocodiliens sont tous prédateurs et chassent de jour ou de nuit selon les espèces ; il sont euryphotes.

-----Leurs yeux sont en position trés latérale. Leur cornée est mince, unistratifiée et de grande ouverture.

-----La sclérotique est entièrement doublée d'une lame cartilagineuse et toujours dépourvue d'os. La choroïde, assez épaisse, peut rpésenter des espaces séreux. Les procès ciliaires très développés s'appuient sur le cristallin. Muscle ciliaire (tenseur de la choroïde) peu développé. Son insertion intérieure est tenue éloignée de la cornée par les sinus veineux qui occupent le bord antérieur de la sclérotique. Pas de campanule. Dans certaines espèces un raphé superficiel, sur la partie déclive des procès, est un vestige de la fente rétinienne.

L'oeil d'un Alligator de l'Amérique du Sud ...

-----L'iris, trés large, mince, à pupille verticale peut se fermer presque complétement sous l'action d'une nappe musculaire striée qui occupe toute sa surface. Il brille d'un éclat métallique dû à des cellules pleines de cristaux guanidiques, qui forment sa surface antérieure ; sous la couche à pigment blanc, dans la profondeur, s'étend la couche à mélanophores remplis de granules noirs de mélanine, qui envoient leurs prolongements en broussaille dans un tissu conjonctif trés irrigué. Le muscle dilatateur iridien est mal connu. Il ne contiendrait pas de fibres radiaires.

-----L'iris des Crocodiliens possède un riche vascularisation dnas la couche mésodermique ; les vaisseaux radiaires trés tortueux se voient fort bien. Le corps ciliaire est peu vascularisé. La choroïde contient un système de petits vaisseaux, de capillaires très complexe et important. De nombreuses cavités se voient dans l'épaisseur de la choroïde ; leur nature veineuse n'est pas démontrée.

-----L'espace cilio - scléral ressemble à celui des Oiseaux et des Mammifères. Le canal de Schlemm s'accompagne de veines intrasclérales très développées. Le cristallin volumineux est un peu moins épais que large. Les cellules de l'épithélium sous – capsulaire sont plus hautes au niveau de l'équateur et ébauchent un bourrelet cristallinien. Zonule très peu développée.

Alligator sp. Coupe axiale de région ciliaire.
r, la rétine
ch, la choroïde
sc.c., la sclérotique cartilagineuse
sc.f., la sclérotique fibreuse
ts.ch., le teneur de la choroïde
z.c., la zone ciliaire

-----La rétine se charge de pourpre dans l'obscurité. Aréa en bandelette horizontale. Papille en forme de plateau pigmenté. L'épaisseur de la rétine résulte en partie de la hauteur des bâtonnets, qui sont beaucoup plus nombreux que les cônes. Parmi ces derniers, il en est de simples et de doubles ; tous sont dépourvus de boule huileuse.

-----Crescitelli (1956) a extrait de la rétine de l'Alligator du Mississippi (Alligator mississippiensis) un rétinène dont la bande d'absorption correspond au « landa » maximal = 500 m « rho ». Cette trouvaille a été confirmée par Wald, Brown et Kennedy (1967) qui ont pu montrer en outre que ce pigment se forme à partir d'une opsine et du néo – b rétinène et beaucoup plus rapidement qu e son homologue des Amphibiens anoures, la rhodopsine ; la vitesse de la synthèse semble être en rapport avec les valeurs des mesures électro – physiologiques de l'adaptation aux basses lumières de l'animal vivant.

-----L'épithélium rétinien renferme, en certa ines régions, assez de guanine pour créer au fond de l'œil un tapis rétinien de même nature que celui de la Brème (Poisson cyprinidé). C'est vers la partie supérieure qu'il est le plus clair. La position des franges pigmentaires ne diffère pas à la lumière et à l'obscurité, contrairement à ce qui a lieu chez Brème (Garten). Peut – être que le jeu pupillaire, si étendu chez le Crocodile, rend inutile la protection des cellules visuelles par la descente du pigment contractile et des franges pigmentaires très mobiles.

Alligator mississipiensis
2, quelques cellules de l'épithélium rétinen avec cristaux de guanine très abondants, mélanine rare (tapis)
3, les bords des cellules s'infiltrent de mélanine (bord du tapis) C
4, la mélanine prédomine de beaucoup (bord du tapis)

-----D'après Abelsdorff (1898), l'hyperm”tropie de l'Alligator mississipiensis est de 7 à 8 dioptres, l'accommodation pouvant ramener la réfraction à 1. Dans la plongée, la nictitante vient recouvrir la cornée, mais elle est assez transparente pour laisser voir le dessin de l'iris et ne doit pas gêner beaucoup la vision du Crocodile immergé. Du point de vue de l'œil, les Crocodiles ne se distinguent guère des autres Sauropsidés.

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Traité de zoologie : 14.2 , Reptiles. Caractères généraux et anatomie de Grassé