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-----Le crocodiliens, comme les nombreux autres vertébrés capables de vivre en eau salée, est confronté au problème de l'exèces de sels et du manque d'eau douce. Les sels que l'animal absorbe par la peau ou dans la nourriture rendent son milieu intérieur trop salé, et il doit les excréter. Or les reins des crocodiliens et des autres reptiles sont incapables d'excréter ces sels sans les dissoudre dans d'énorme quantités d'eau.

-----Les crocodiliens, les tortues, les serpents et les autres reptiles marins ont résolu ce problème grâce à des glandes capables d'excréter des solutions salines très concentrées, avec une perte minime d'eau.

-----Chez les tortues marines, ce sont d'anciennes glandes lacrymales. L'iguane marin des Galapagos, qui abrite ses glandes à sel dans la cavité nasale, expulse un nuage d'eau salée par les narines. Chez le crocodile indopacifique, les glandes salée sont sur la langue, emplacement qui peut paraître étrange pour un organe excréteur : il s'agit de glandes salivaires modifiées et la bouche du crocodile, idolée de l'oesophage par un voile cartilagineux, fait bien partie de la surface externe de l'animal.

-----Un fait troublant de la biologie des espèces du genre Crocodylus est la présence de glandes à sel chez toutes les espèces d'eau douce, ce qui a conduit des biologistes à suggérer qu'elles ne sont différenciées jadis dans une population de crocodile marins qui ont envahi les eaux douces ultérieurement. Il n'est pas moins intéressant de noter que l'alligator d'Amérique et les caïmans, dépourvus de glandes de sel, n'ont jamais réussi, tout le long de leur histoire, à envahir le milieu salin ou à s'y reproduire.

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Laurence TAPLIN

Crocodiles, Alligators et Caïmans de Encyclopédie Visuelle d'édition Bordas