"

-----Des alligator dans la neige et la glace ? Cette image semble absurde, bien que l'aire de répartition des alligator d'Amérique et de Chine s'étende, au Nord, jusqu'au région tempérées où plusieurs périodes de gel intense peuvent sévir chaque année, avec chutes de neige et formation de glace à la surface des eaux, Il est intéressant de voir comment les alligators se sont adaptés à ces conditions hivernales, brèves mais rude, ce qui permet d'imaginer comment les changements climatiques et les baisse de température ont pu entraîner jadis la disparition des autres grands archosaures.

-----l'étude expérimentale de l'influence des changements climatiques sur la physiologie des alligators montre que si, pendant des mois d'hiver, ces animaux présentent une baisse de glycémie et d'appétit, ils restent toutefois actifs tant que la température est assez élevée, leur activité métabolique n'étant pas modifiée. Les alligators ne sont donc pas de vrais hibernants même si, comme tous les reptiles poecilothermes, ils deviennent inactifs et léthargiques dès que leur température interne descend sous le niveau qui assure une activité normale.

-----Des études par radiotélémétrie d'alligator adultes soumis à de brèves périodes de froids hivernaux - jusqu'à  3.1°C - montrent, contrairement à ce qu'on a cru longtemps, qu'il sne cherchent jamsi refuge sous l'eau ou dans des terriers. Quand survient une période de froid, ils recherchent des eaux stagnantes peu profondes et font affleurer leurs narines de façon à maintenir, dans la glace en formation, une petite zone d'eau libre pour respirer. Souvent, la queue et la région postérieur du tronc se trouvent dans une eau plus profonde et moins froide, mais le plus important est qu'ils gardent l'extrémité du museau sous le trou de respiration, dans la glace qui peut parfois atteindre 1,5 cm d'épaisseur. Ces alligators, à l'inverse de nombreuses tortues aquatiques, grenouilles et autres amphibiens, semblent incapable d'abaisser suffisamment leur taux d'activité métabolique pour utiliser la respiration anaérobie ; aussi un contact constant avec l'air est - il essentiel pour eux. Efficacement, dans un cas où le trou de respiration avait fini par s'obturer, on a constater la mort de l'alligator. On a également trouvé des alligators, soit dans la nature, soit en élevage, dont el museau était pris dnas la glace, l'animal étant incapable de se libérer. Pourtant, aussi longtemps que les narines restent au - dessus de la surface et ouvertes, ces animaux survivent, et ils retrouvent leur activité dès la fonte de la glace. Des sondes thermiques implantées dans des animaux sauvages ont enregistré des températures internes pouvant tomber à 5° pendant les périodes de froid, sans que l'animal en souffre ultérieurement.

-----Bien que les jeunes alligators aient apparemment besoin de l'abri du terrier de leur mère pour se protéger du froid, au moins pendant leur premier hiver, les adultes, quant à eux, supportent bien les brèves périodes de froid intense qui règnent dans les régions les plus septentrionales de leur aire de répartition. Ils y parviennent en combinant l'inertie thermique de leur corps volumineux avec le choix du microhabitat et el recours à des moyens spécifiques de thermorégulation comportementale.

"

Crocodiles, Alligators et Caïmans de Encyclopédie Visuelle d'édition Bordas